Chansons anticléricales

Le Carnet de l'Adelphine C.
Très Saint Sacrement

Très Saint Sacrement, vous avez l'odeur bonne
Très Saint Sacrement, vous êtes charmant
Je vous le dit sans compliment
Et par derrière et par devant.
Très Saint sacrement, vous avez l'odeur bonne
Très saint Sacrement, vous êtes charmant
Très sacrement tout le monde pue l'ail et la charogne
N'y a qu'vous, mon doux Jésus qu'ayez l'odeur bonne.
Très Saint Sacrement, vous avez l'odeur bonne
Très Saint sacrement, vous êtes charmant
Très Saint Sacrement faites, je vous le demande
Que mon petit Jésus ait un p'tit amant.
Si c'est un péché, j'me confesserai,
J'le dirai tout bas à m'sieur le curé
Très Saint Sacrement, vous avez l'odeur bonne
Très Saint sacrement, vous êtes charmant

Le Curé de Chez nous

Le curé de chez nous
Qui s'en va aux noisettes.
Il emmène avec lui,
C'est pour se divertir,
La plus belle des filles
Qu'il a su choisir.

Arrivés vers le bois
Il l'a prend et l'embrasse,
Lui dit d'un air si doux :
" la belle, asseyons-nous,
Et laissons les noisettes
Pour un autre jour."

Ils n'en fur' pas assis
Vint à passer un homme,
Il lui cria si fort :
" Bon curé, tu as tort !"
Il posa sa soutane
Pour courir plus fort

Le bon curé s'en va,
Tout droit au presbytère,
Attrape son valet
Avec sa cuisinière.
Il lui dit : " Mon valet
Mon coquin de valet,
J'ai perdu ma soutane
Pour le même effet."

Le bon curé s'en va
Trouver son grand vicaire.
" Vicaire, dors-tu ?
Sais-tu c'que j'ai perdu ?
J'ai perdu ma soutane
Avec cent mille écus."

Mais le dimanche après
Le vicair'monte en chaire.
Il s'écria : " Rendez
La soutane du curé,
Vos péchés d'habitude
Vous seront pardonnés."

Arriva une fill'
Qui vint fair'révérence
" C'est moi qui ai trouvé
La soutan' du curé
J'vous jure sur ma foi
Qu'i le l'a fait gagner !

Le Moine et les trois Filles

De laï ven un mouiné
Habillas de blanc.
Allou lette,
Tour la riguette,

De laï ven un mouiné
Habillas de blanc.
Troeve tres fillettas
Cueillissant d'aglands

De là-bas vient un moine
Habillé de blanc.
Trouve trois fillettes
Qui cueillaient des glands

"Quant'es de vos aôstres
Qué vaô m'embrassas ?
Nen' dit la plus viêlla
Certa n'es pas io
Nen, dit la cadètta,
Certa ni mas io."

"Qui est de vous autres
Qui veut m'embrasser ?
Non, dit la plus vieille,
Certes ce n'est pas moi.
Non, dit la cadette,
Certes ni moi non plus."

Respond la plus zeuna :
" Si fariou bien io.donnas
Maï què tu me donnas
Cent escus què n'as.
Maï què tu me donnas
Ton bel tchival qui n'as. "

Répond-la plus jeune :
"Moi je le ferai bien.
Pourvu que tu me donnes
Cent écus que tu as.
Pourvu que tu me donnes
Ton beau cheval que tu as."

Lou mouiné plus sïmple
S'en vaï lou brida.
La mionne plus fine
Si li vaï lou mon'ta
Lou tchival a coûrsa,
Loù mouin'a trottas.

Le moine plus simple
S’en va le brider.
La fille plus fine
S’en va le monter.
Le cheval à la course,
Le moine à trotter

Attendy moi, belle,
Arrestez-vous donc !
-Que louis t'attendès !
Et io t'attendrai.

Attendez-moi, belle
Arrêtez-vous donc !
Que lui t'attende,
Et moi je t'attendrai.

Au chasteau de mon père,
Très pendus les y a.
Mouinè, pauvre mouiné,
Feras quatre si ès va.

Au château de mon père
Il y a trois pendus.
Moine, pauvre moine,
Tu feras quatre si tu y vas.

Adieu, pauvre mouiné,
Faïs comme è voudras.
Adieu, pauvre mouiné,
Sias ben couillonnas."

Adieu, pauvre moine,
Fais comme tu voudras.
Adieu pauvre moine,
Tu t'es bien fait avoir !

Le Moine qui confesse les fillettes

A Paris y a un moine blanc
Badadi, badada
Barabi, baraba
Qui confesse les béates
Tout en les confessant
Parlait du mariage.
La belle lui a répondu
– Parlez-en à mon père.
Le moine blanc se prit, s’en va,
S’en va trouver le père
Lui a dit : - Bonjour marchand,
Me donnerais-tu ta fille ?
Le marchand lui a répondu :
- Ma fille est trop jeunette.
Le moine blanc se prit, s’en va
S’en va dire sa messe.
Tout le temps de la messe
Parlait de sa maîtresse.
Le clerc lui a répondu :
Ce n’est point-là ta messe.
Que dis-tu, enfant de vaurien,
Ne suis-je pas mon maître ?
- Si je suis enfant de vaurien
N'êtes-vous pas mon père ?

Le Moine Simon

Il y avait un moine
Qui s’appelait Simon
La belle Marianne
Voulut savoir son nom
En lui disant :
Compère Nicolas,
Monte dans ma chambre
Avec moi tu souperas.

Le pauvre moine
Dans sa chambre monta,
La Marianne
La porte lui ferma
En lui disant :
- Compère Nicolas
Pose là ta robe
Et ton argent si tu en as

Le pauvre moine
Vite sa robe quitta
La Marianne
La porte lui ferma
En lui disant :
- Compère Nicolas,
Compte les clous de la porte
Tu sauras combien il y en a

Hélas ! Madame,
Rendez-moi mon habit,
L’habit de moine
Ne peut pas vous servir
La Marianne dit :
- Compère Nicolas,
Je la ferai teindre

Jan, Jan, Jan

Jan, Jan, jan pren sa serpa
E s’en vai coupa lou blad
Jan Jan dit a sa fena :
-Me pourtarè moun dinar

Quand l’on vèn sus lei oujo oure
Lou dinar n’arriba pas
Jan, Jan Jan, pren sa serpeta
E s’en vai le recueia

Jan Jan Jan trapa sa fena
Entre lei bras dou cura
Que fais – tu mauvaise femme
Entre les bras du cura ?

Jan Jan Jan me counfessavou
Sabon que saron batus
Mais quante l’on se counfesso
L’on s’i pren pas coum’aco

Simone

Je voudrais me confesser,

Monsieur le Curé

- Quel est ton plus gros péché ?

- c’est d’un peu trop vous

 Aimer, Monsieur le Curé

 

Il faudra nous séparer…

Oh ! Oh ! Alors j’en mourrai

Monsieur le curé

Eh bien ! je t’enterrerai

 

Est-ce que vous me pleurerez ?

Monsieur le curé

Non puisqu’il faudra chanter,

Simone, ma Simone

Requiescat in pace

Ma petite mignonne

Jaquety de La Sandrine

Des chansons anticléricales... Celles que je préfère. L'Anticléricalisme, le vrai est l'apanage des bonnes et bons catholiques. Monseigneur le Camus lui-même n’hésitant pas dans les comptes rendus de ses visites pastorales à rapporter, non sans talent, des histoires de curés courant en chemise dans les rues du village pour fuir la fureur d’un mari, d’un père ou d’une mère, pourquoi s’interdire d’entonner quelques bonnes vieilles chansons à base de curés et de moines lubriques ? Le Très Saint sacrement, n’est-elle pas l’œuvre d’un curé de Seyssins ou de Claix, libertin sans doute mais avisé, proposant une façon beaucoup plus efficace que les formules rituelles de conjurer le désir et de réduire par le rire les bricole tot affara de nos encoura et capelan ? Ces chansons ne seraient-elles pas définitive une forme d’action de grâce ? La Sandrine (Jaquety)

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