Chansons / Aubades

Le carnet de l'Adelphine C.
En revenant des Noces

En revenant des noces

J'étais bien fatiguée ;

 

Au bord d'une fontaine

 Je me suis reposée.

 

L'eau en était si claire

Que je m'y suis baignée.

 

Avec un' feuill' de chêne

Je me suis essuyée.

 

Sur la plus haute branche

Le rossignol chantait.

 

Chante, rossignol, chante,

Toi qui as le cœur gai.

 

Pour moi je ne l'ai guère,

Mon amant m'a laissée.

 

Pour un bouton de rose

Que je lui refusai.

 

Je voudrais que la rose

Fût encore au rosier,

 

Et que le rosier même

Fût encore à planter,

 

Et que mon ami Pierre

Fût encore à m'aimer.

Le premier jour du mois de Mai

Le premier jour du mois de mai
Que donnerai-je à ma mie ?
Una jalâbra (perdrix) qui roule dans les bois.

Le deuxième jour du mois de mai
Que donnerai-je à ma mie ?
Douas tortôla (tourterelles)
Una jalâbra qui roule dans les bois.

Le troisième jour du moi de mai
Que donnerai-je à ma mie ?
Tres puzi
Douas tortôla (tourterelles
Una jalâbra qui roule dans les bois

Puis successivement et sans perdre haleine :
Quatre canards volant dans l'air
Cinq lapins lapant la terre
Six Lioura aux champs
Sept freia blanchi (moutons blancs)
Huit mirons ru (chats roux)
Neuf bou cornu (bœufs cornus
Et ainsi de suite (jusqu'à 31)    

Bonsoir, Mie, bonsoir

Bonsoir, Mie, bonsoir,
Vous faites l'endormie
Quand je viens vous voir
Je viens vous dire adieu,
Les larmes dans les yeux,
C'est pour vous dire adieu

Galant, si tu t'en vas
Le temps te durera,
Bientôt tu reviendras.
Passant par cet endroit,
Tu prendras la vallée,
Tu reviendras chez toi

Si j'avais un tambour
Qui fût couvert de roses,
De lauriers d'amour,
J'irais tambouriner,
A la porte de ma mie
C'est pour la réveiller

Belle, j'ai pensé l'autre jour

Belle, j’ai pensé l’autre jour
De te chanter un air d’amour ;
Combien de fois, la belle,
Au pied de ta porte j’ai couché !
Je me suis endormie
Sans pouvoir me réveiller

Quand la belle entendit cela
Tout vivement se réveilla
- As-tu crainte de mon père
Ou bien de ma mère aussi ?

Si mes portes sont fermées
e m’arrête les ouvrir
De ton père j’en ai point peur,
De ta mère j’ai grande frayeur,
Ça dépend plus qu’de toi, la belle,
A y porter soulagement,
Tire-moi de cette peine
Ou je meurs dans le moment

Ouvrez, ouvre la porte

Un soir au clair de lune,

Un soir après souper

J'ai rencontré Julie

Revenant du marché.

Je m' suis approché d'elle,

C'était pour lui parler.

 

Passant devant sa porte,

Trois petits coups frappant :

 « Ouvrez, ouvrez la porte,

Julie, à votre amant,

Qui vient de l'Algérie :

C'est un pays charmant.

 

— Je n'ouvre pas ma porte

A l'heure de minuit :

Mon pèr', ma mèr', mes frères,

Mes sœurs, qui sont couchés !

Allez à la fenêtre,

Nous prendrons nos plaisirs.

 

— A ta f'nêtre y-a des barres,

Je n'y peux pas passer.

Voici la pluie, l'orage,

La neig' jusqu'aux genoux :

Voilà la récompense,

Julie, que j'ai de vous.

 

Là-haut sur la montagne

 Il y a-t-un oranger.

Oh ! si j'avais des ailes,

Que je puisse voler,

A la plus haute branche

 J'irais me reposer. »

Clelles (Trièves).

Chanson de Mai

Voici le mois de mai
Que les rosiers boutonnent.
Faudra faire un bouquet,
[Pour] porter à ma mignonne.
De rose blanche ou de muguet ;
Çà fera un joli bouquet.

Pour faire ce bouquet
Avec qui vis-je le lier (bis)

Je le lierai d'un fil d'argent.
Çà fera un bouquet charmant

Quand il sera lié
Où le déposerai-je ?

Je l'déposerai à vos côtés,
la belle si vous m'aimez

Un air d'amour

« Belle, j'ai pensé l'autre jour

De te chanter un air d'amour.

J'ai passé la nuit, la belle,

Devant ta porte j'ai couché.

Adieu, belle, je m'ennuie,

Je ne veux plus retourner. »

 

Quand la belle entendit cela,

Tout promptement se réveilla.

« As-tu crainte de mon père

Ou bien de ma mère aussi ?

Si les portes sont fermées

Je m'en vais te les ouvrir.

 

 

—De ta mère je n'ai point peur ;

 De ton père j'ai grand frayeur.

Si tu viens ouvrir la porte,

Que ton père soit éveillé,

Il crierait à main forte,

Que l'on vient l'assassiner.

 

— Mon cher ami, n'en doute pas,

 Car de l'amour n'en manque pas,

Tu sais bien que j'ai un père

Qui consent à mes desseins.

Parle-lui de cette affaire

: S'il le veut, moi je veux bien.

 

— A ton père j'en ai parlé,

N'a pas voulu me l'accorder.

Ça dépend de toi, la belle,

De me donner soulagement ;

Tire-moi de cette peine

Ou je meurs dans le moment.

 

 31— Mon cher ami, pour t'adoucir

 Sur ma bouche prends un plaisir.

C'est pour marque que je t'aime

Que je me livre entre tes bras.

Mais prends bien garde à toi-même

 De n'aimer d'autre que moi. »

 

 Névache,  La Beaume (Hautes-Alpes).

Jaquety de la Sandrine

Aubades. Mai, le mois des Aubades, lo ten des revelliou / reveillez-vous. En mai,  il n'y a pas que les chats qui mironnent, la jeunesse masculine du pays aussi se met en chasse. Une chasse bien codifiée si l’on en croit nos braves historiens avec chansons appropriées, les chansons de mai. Je doute toutefois que nos magnauds n’aient jamais chanté ces mignardises précieuses si ce n’est l’âge venu au banquet des vieux pour quelques antiques beautés, histoire de ressentir encore, fut-ce un très bref instant, l'appel devenu quasi inaudible de la chair... De plus si l'on en croit la Marie Nicolas, le temps des Aubades, c'était plutôt l'hiver... Moi j'ai eu droit un beau soir d'aout, à du Richard Anthony à fond sur la radio de sa Simca 1000, lui il eut une engueulade du Pare et le contenu du seau hygiénique de la Gran ... Ah les traditions !

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