Chansons de fêtes

Le Carnet de l'Adelphine C.
Bonjou, P'tiot enfançon

Bonjou, p'tiot enfançon
T'adduse una fayetta
Io t'adduse un jaillon
Na gente jaillounetta
Eh ouaie !
Lo te la baillarae !

Bonjour petit enfant
Je t'apporte un agneau  
Je t'apporte un petit coq
Et une petite poulette
Eh oui je te les donnerai

Vous êtes bien mal crêci
Iqui d'ïns quella crêchi
Si vous voulias venî
Au laê de noutra Benaêta
Eh Ouaê !
Io vous emmeneraê

Vous êtes bien mal couché
Ici dans cette crèche
Si vous vouliez venir
Au lit de notre Benoîte
Eh oui !
Je vous emmènerai

Moun chavau qu'est içai
Menarot voutron pare,
Moun âne qu'est ilai
Menarot voutra mare.
Eh ouaê !
Io vous emmenaraê

Mon cheval qui est ici
Mènerait votre père
Mon âne qui est là-bas
Mènerait votre mère
Eh Oui !  
Je vous emmènerai

Si voulis pas veni
Ne sais pas que n'y fouère.
De demourâ iqui,
Ne fais pas mou z'affaires
Eh ouaê !
Vous faudrot m'en alla
Par alla laboura

Si vous ne voulez pas venir  
Je ne sais pas que faire
Demeurer ici
 Ne fait pas mes affaires
Eh oui !  
Il faudra m'en aller  
Pour aller labourer

Noël Vizillois

Dzens qu'ete dins votre mison
Attapi quéme de marmotte
Ne tsauchez pa votro sapon,
Prenez selamin votre socque
Sortez : dfau est tsauza etrandze
Ozi varréz miou qu'à midzorn
Sortez, o z varréz los andze
Que baillon à tui lo bondzorn

Gens qui êtes dans vos maisons
Tapis comme des marmottes,
Ne chaussez pas vos galoches,
Prenez seulement vos sabots. 
Sortez dehors et chose étrange  
Vous y verrez mieux qu'à midi  
Vous y verrez les anges
Qui donnent à tous le bonjour.

O son laina su lo pleynet,
Tot à travers de la Magdalena,
Quo floretton un biao motet
Tot per caou et non pa per lettra
Corrin demanda à Gaillardo
Que sa de latin quarque pou
Qu'o nos explique cé mystéo :
Gloria in Excelsis Deo

Ils sont là-haut sur le Pleynet
Tout au travers de La Madeleine
Qui fignolent un beau motet  
Tout par cœur et non par lecture  
Courons demander au Gaillard
Qui sait quelque peu le latin
Qu'il nous explique ce mystère
Gloria in Excelsis Deo.

Elle tsanto quo l'an tsanta
Per to le moin vingt-cinq viadzo,
Mai o nos y sain pas planta,
Neo n'intindian pas sai langadzo.
Demandin lie un pou la grâce
Qu'avant quo quettan ceta place
O la tsanta in Vizillois
Pa un viadzo, mais dous ou tré

Ils ont chanté cette chanson  
Pour le moins vingt-cinq fois
Mais nous ne nous y sommes pas arrêtés  
Nous n'entendions pas ce langage /
Demandons-leur un peu la grâce
Qu'avant qu'ils quittent cette place
Ils la chantent en Vizillois
Non pas une mais deux ou trois fois.
 

Noël de St-Just-en-Chevalet

Bonjou, p'tiot enfançon
T'adduse una fayetta
Io t'adduse un jaillon
Na gente jaillounetta
Eh ouaie !
Lo te la baillarae !

Bonjour petit enfant
Je t'apporte un agneau  
Je t'apporte un petit coq
Et une petite poulette
Eh oui je te les donnerai

Vous êtes bien mal crêci
Iqui d'ïns quella crêchi
Si vous voulias venî
Au laê de noutra Benaêta
Eh Ouaê !
Io vous emmeneraê

Vous êtes bien mal couché
Ici dans cette crèche
Si vous vouliez venir
Au lit de notre Benoîte
Eh oui !
Je vous emmènerai

Moun chavau qu'est içai
Menarot voutron pare,
Moun âne qu'est ilai
Menarot voutra mare.
Eh ouaê !
Io vous emmenaraê

Mon cheval qui est ici
Mènerait votre père
Mon âne qui est là-bas
Mènerait votre mère
Eh Oui !  
Je vous emmènerai

Si voulis pas veni
Ne sais pas que n'y fouère.
De demourâ iqui,
Ne fais pas mou z'affaires
Eh ouaê !
Vous faudrot m'en alla
Par alla laboura

Si vous ne voulez pas venir  
Je ne sais pas que faire
Demeurer ici
 Ne fait pas mes affaires
Eh oui !  
Il faudra m'en aller  
Pour aller labourer

Qu'as-tu-vu Belle Bergère ?

D'où viens-tu, belle bergère,

D'où viens-tu ?

— Je viens de l'étable

De Bethléem ;

Je viens de l'étable

 De Bethléem.

 

— Qu'as-tu vu, belle bergère,

Qu'as-tu vu ?

— J'ai vu un miracle

Qui me plaît fort bien ;

J'ai vu un miracle

Qui me plaît fort bien.

 

— C'est-il beau, belle bergère,

 C'est-il beau ?

— Si beau que la lune,

Aussi le soleil ;

 Si beau que la lune,

Aussi le soleil.

 

— Qu'as-tu vu, belle bergère,

Qu'as-tu vu ?

— J'ai vu quatre-z-anges

Descendant du ciel,

Chantant les louanges

De l'Enfant Jésus.

Noël grenoblois

Notrou meyna sarravon les ollagne

Nostrou polet ayen tot pier chanta

Et lous eyssarts qu’u fon pé le montagne

N’ayon quasi ni chalou ni clarta,

Quand un éfan que porta una roba

De fin argent (si fin n’en fut jamey)

Que traluyet ni mey mi moins que l’auba

Nos adussit lo bon tem et la pey.

 

U nos dissit d’alla vey la pucella

Qu’a afiat la pey en faisant son éfan

Quand je devrin engagi’ ma veyssella,

J’y volo alla lou dou bras pendolan,

N’y alla pas, sarit una vergogni,

N’y rian porta, sarit encore pi ;

J’ai dous agneux que n’ont pas prey la rougni,

Je seu d’avis de lous alla aufri

 

La Viergi a la fraichou de la rousa

Qu’u mey de may la rousa a mouilla,

Et sou tetet, per dire toute chousa,

Mey de blanchou que n’a notra caillia ,

Sou dou poupeux semblon a la mayousse

Don la rogeau a plaisi d’éclata

Et son motet la trovave si douce

Qu’a mala pene u la poyrt quitta

 

Lou pailliassieu dont y l’emmaillotave

Erion plu blanc que le premier ney,

Y saviet ben qund lou filave

Qu’u servirion un jour pe ceu grand rey

N’en venit tré que portavon de tasses

Tote doré, les offron a l’éfén ;

Mais quans Jousset lé sarrit din sé biasses,

Lo Rey Moret s’en allit dépétan

 

Ul et plus nier que ney notre cumaclo,

A lou chaveu frisa comme un agnet

Et loi savou farrit un grand miraclo

Si l’y poyet un pou blanchi la pet.

U dépétit ; mais quand sa conscienci

Li reochit, u n’en fut si mari,

Quul eussiet fat trey mey de penitenci

Si eusse pouy la fare à mont-Fleuri

Pâques païennes à Grenoble

Allons à l'eyga de Saint Jean,
Elle nous fera de bon sang
Et longtemps nous porrons chanta
Alléluia

La fontana de queu gran Saint
Entre garnoblo e Sin Martin
De le crou vint din l'Izera
Alleluia

Ell'ei bien aisia a trova :
Un chacun po la vei coula
Eh bien beir'es'en bien chara
Alléluia

Chanson de la Reine de Mai

Queiquaren, ei Maï !
fasé, si vous plaï,
Si lou nous fasé
Lou bé temps vindré
Si lou nous fasé pas
L'Hiver tournarai

(Donnez) quelque chose, c'est Mai !
faites-le s'il vous plait
 Si vous le faites, le beau temps viendra  
Si vous ne la faites pas / hiver reviendra

Chanson de Mai

 Voici lou joli mé de Maï,

 Qué lou galan plantoun lou maï.

N'en plantaraï un à ma mia,

Seré plus août que sa coulounia.

 

Li betaren per lou garda

Un soudar de chasque cousta.

Qui betaren per sentinella ?

Seré lou galant de la bella.

 

Ah! que me facharie per tu

Si ta mïa l'aye vegu !

— Ta mïa n'ama quaoûques aoûtre

Et se mouqua de nous aoûtre.

 

— lou chabou bien cé que farei :

lou m'en irei, m'embarquerei ;

lou m'en irei drets à Marsellia,

Et n'en pensarei plus à nella.

 

Quand de Marsellia revendrei

Devant sa pouarta passarei ;

Demandarei à sa vesina :

« Couma si pouarta Catharina ?

 

— Catharina si pouarta bien.

Aï maria li a lontemps,

Amb un moussu de la campagna

Que li faré fà la dama.

—Voici le joli mois de Mai—où les galants plantent le mai. — J'en planterai un à ma mie : —il sera plus haut que sa quenouille. Nous mettrons pour le garder —un soldat de chaque côté. —Qui mettrons-nous en sentinelle ? —Ce sera le galant de la belle. Ah ! que celà me fâcherait pour toi —si ta mie l’avait vu ! —Ta mie en aime quelques autres, —et se moque de nous autres.

—Je sais bien ce que je ferai : —je m'en irai, m'embarquerai ; —je m'en irai droit à Marseille— et ne penserai plus à elle. Quand je reviendrai de Marseille, — je passerai devant sa porte ; —je demanderai à sa voisine : — « Comment se porte Catherine ? —Catherine se porte bien. —Elle est mariée il y a longtemps—avec un Monsieur de la campagne— qui lui fera faire la dame.

Chanson de Saint-Jean

La san Jan ke s'aprôche
O métra, de m'en vwai
-Ou va-to, ma sernenta,
Ou va-to demoura ?

- U chàte de mon pare,
De volo m'i marya.

- Demoura, ma serventa
Ton gajo doublara

- O non, ma poura metra,
Mon metre ne vou pa.

- Ou en prendrai-je n'otra
Chye degaja ke tye ?

-ala ve-z-en a san Lyodo
I n'y en manke pa,

-De petyole è de grande,
De tota Kalyeta.

Alle ne san ryen fare,
Nyi pata, nyi vana,
Nyi cudre, nyi fyela
Nyi fare la lessiva
Nyi mémo la lava
Nyi tére la Barlyota
Nyi ékréma lo lé
Mé alle san lo bére
A grandz éküelé

Mon métre e chu la tabla
Ke Konte mez éku
-Konta byan jyleuchto, metre
De vi fare chyedula

La métra chu la porta,
Chyéta chu lo lyenda
- Kopa byan drai, ma mètra
Chi vo manka on fi
De vo farai séji

Adzeu, ma poura mètra ;
Regrè de vo kita
Pléji de vo revoir

Voici la Saint-Jean qui approche/ O maitresse je m'en vais / Où va-tu ma servante, / où vas-tu demeurer ?/ Au château de mon père, / je veux m'y marier./ Demeure, ma servante,/ ton gage doublerai./ O non ma pauvre maitresse,/ mon maitre ne veut ps : où en prendrai-je une autre / si dégagée que toi ?/ Allez-vous-en à la Saint Claude / il n'en manque pas pas,/des petites, des grandes, / de toute qualité
Elles ne savent rien faire, / ni pétrir, ni vanner, / ni coudre, ni filer,/ ni faire la lessive / ni même la laver,/ ni traire la Barlyota,/ ni écrémé le lait./ Mais elles savent boire / à grandes écuellées.
Mon maitre est sur la table / qui compte mes écus / Comptez bien juste mon maitre/ il ne manquerait qu'un liard, / je vous ferai assigner
La maitresse sur la porte, / assise sur le seuil, /coupe mon tablier. /Coupez bien droit, ma maitresse, / si vous manquez un fil, : je vous ferai saisir
Adieu ma pauvre maitresse, / au regret de vous quitter, / au plaisir de vous revoir

Jaquety de La Sandrine

Chansons des fêtes, Chansons de Pâques, de mai, de la Saint Jean ou de Noëls pour continuer. Je n'ai pas dans mon enfance fréquenté beaucoup la messe de minuit, mais j'allais avec la Gran voir les Crèches. Celle de l'église était impressionnante avec ses grandes statues de la Vierge et de Saint Joseph, son Jésus aussi grand que moi, ses anges de plâtre et son décor de papier rocher.... Quand on mettait une pièce dans le tronc du petit Jésus les étoiles s'éclairaient et une musique s'élevait... Je préférais pourtant celle de l'Hôpital, plus modeste, avec des personnages plus petits, un décor de paille, de mousse et de fagots. Quand on mettait un sou dans la fente qui était sur le dos de l'âne ou du bœuf, leur tête se balançait pour nous remercier. C'était de bien meilleur goût et d'une efficacité redoutable pour faire des petites catholiques dauphinoises. Ces deux Noëls sont foréziens, mais quand je vous aurais dit que lo Zé, le Gran de ma mare, qu'était un bourâclo qui faisait toutes les feiri du pays rencontra à Reventin un tamagnaro de Montbrison qu'avait une fille... Vous comprendrez mieux comment Guigues le vieux agrandit son domaine, et comment une complainte forézienne devient dauphinoise...

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