La Ligousada

La Ligousada /  Le Rob d’Ettmore

  La Ligousada ou lou proucès de Jean Ligousa, conte de Lou Rob d’Ettmore, l’abbé Borel, en patois gavot. Un bel exemple de littérature dauphinoise du siècle dernier, une Académie, des académiciens, tous bons bourgeois dont un abbé…  Une très belle randonnée entre cave et vignes sur les traces d’Angelo et de Pauline de Théus pour la marchaira et le marchaire


CHANT I : LOU RETOURT DE LA CHASSA

(1-8) Boqu’avé bien vougu, sabënt Moussu Guilhôumë,
Vous qu’escleirà tant bien dei leitras lou rouïôumë,
Me fàr en grand ounour, en me fasën présent
Dou proucès de la poulo, embë en remarciamënt,
Vau voui n’en countar un que pouà perieu fa rire
En brisou, de proucès. Créïou qu’a voui lou dirë
Serei lou bèu premier : pensou pas que dengu
Voui n’aï dinquié encui parla, moun bouà moussu.

Vous avez bien voulu, savant Monsieur Guillaume,
Qui faites resplendir des lettres le royaume, »
Grandement m’honorer en me faisant présent
Du procès de la poule. En vous remerciant,
Que je vous en conte un, de procès, qui fait rire
Également un peu. Sans doute à vous le dire,
Je serai le premier. Oh oui, jusqu’à ce jour,
Vous n’en avez rien su. Je veux donc, à mon tour,

(9-27)Si pouà vous agradàr, n’en farei mêmë en librë.
Sens èstre fort sabent ni même grand felibrë,
Coumà lou Capiscol de Lespina, Pascau ;
Beleu li arribarei.
                               S’agis d’en pot de miau
Que fè beucop de brut, é pereu d’ena lébrë,
Din aquou grand proucès que fougue tant célèbre.
Vouarou voui lou countàr en patois gapençès,
En lëngua dou païs que vau bien lou francès.
Parlarei lou patois, lou mëmë que ma mairë
M’appresèc a parlàr embë moun paure pairë,
Car, nous ou dise bien, moussur : chau respetàr
Lou parlàr des anciens é lou bien counsarvàr.
Piei gairë d’autra lëngua ou païs se parlàva,
Quand aquou grand proucès, a Gap se pleidiàva.
Pensou dounc que vau miei, par voui lou bien countàr
Aqui couma counvén, empliar aquou parlàr ;
Dounarè la coulour d’aquou tëms memouràblë
E rendre moun escrich beucop pus agréable.
Lou legirë, moussur, quand ourë’n pau legour,

Par lui vous égayer. Quoique bien pauvre hère,
Un livre j’en ferai, si cela peut vous plaire,
Et, sans être félibre à l’instar de Pascal,
J’espère y réussir, même sans bien du mal.
De quoi donc s’agit-il dans ce procès célèbre,
Qu’aujourd’hui dans mes vers humblement je
h ! D’un lièvre fameux, et puis d’un pot de miel,
Pour la cité de Gap souvenir immortel.
Je le célébrerai dans la langue vulgaire,
Que m’apprirent jadis et mon père et ma mère,
La langue du pays, le patois gapençais,
Qui vaut bien, n’est-ce pas, en somme, le français.
Vous nous le dites bien, monsieur, non sans justesse
Et beaucoup d’à-propos :
                                  – respectons la vieillesse,
Et, partant, gardons-nous de rejeter au loin
Le parler des anciens ; conservons-le avec soin,
Et n’en permettons par l’universel naufrage.
D’autre langue, d’ailleurs, n’était guère en usage,
A Gap, quand s’y plaidait ce procès si fameux.
Parlons donc le patois. Au reste, il peindra mieux
La couleur de ce temps antique et mémorable,
Et rendra mon écrit par-là plus agréable.

(28-47)En jout que n’oure pas, perëu, trop de lassour.
N’es pai digne, assurà, d’un escrivén de tailha
Couma vous, qu’avé tant d’esprit, de coumprenailha ;
Mes couantou que par ieu serë ‘n pauc endulgënt :
Boua par lou paure moundë es toujout lou talent.
Entrinqou dounc, betant touta crënta de cairë,
E tancou din la rià la reilha de l’arairë.
Ah ! M’es aviairë qu’ai couma de frenesis
Davant trabau parier. Couma si n’aieu gis,
Vau lavourar pourtant ; oui, vau tancar ma pouncha
Din aquou dur garàch é far ‘na bouana jouncha,
Au luéc de trapetiar me moun ase embastà,
Ou risque d’èstre lèu din la pauta empastà.
Ah ! c’é que n’ai pas, ieu, par courrë, de Pegase :
Noun ; n’ai, par escarar l’Elicoun, qu’un maigre asë.
Mes tant pis ! En avant me lançou courageous ;
Si vénou à trebuchar, me ramassarë, vous,
Et lèu farë arribar, estant si charitable,
.A la cima dou Pindë en paurë misérable.
Anën, vau doun parlai- dou famus pot de miau

Donnez-lui, si cela peut vous faire plaisir,
Et n’êtes pas trop las, un instant de loisir,
Il n’est, certes ! Pas digne (humblement je le pense),
D’un écrivain pétri d’esprit, d’intelligence.
Mais pour moi vous serez, je l’espère, indulgent :
Bon pour le pauvre monde est toujours le talent.
Chassant donc la frayeur dont mon âme est émue,
J’enfonce dans le sol le soc de la charrue.
Devant labeur pareil j’ai comme des frissons.
Attaquons-le pourtant ; oui, sans crainte, enfonçons
Dans ce rude guéret la pointe de l’araire ;
Creusons un bon sillon dans cette dure terre.
Plutôt que de nous enfuir sur notre âne bâté,
Au risque de rester dans la fange empâté.
Oh ! C’est que pour Pégase, hélas ! Je n’ai qu’un âne
Avec lui je puis bien perdre la tramontane ;
Mais tant pis ! Je me lance en avant, plein d’espoir.
Vous me ramasserez, vous, si je viens à choir,
Et ferez vite atteindre, étant si charitable,
Au sommet du Parnasse, un pauvre misérable,
Je m’en vais donc parler du fameux pot de miel

(48-65) Qu’à Ligousa pessèc, hélas ! Fa tant de mau.
Aquou Jean Ligousa de soun mestier chassava.
E’Garins, que soun près de Sigouier, restava.
En jout aïé fa chassa, é, mounstrant soun charnier,
– Vës, disséc a sa fëna, aqui de bèu gibier.
Aquou viagë ouriés bèu, ma fëna, avër de bila,
Si te planiés, ma fë, sériés bien difficila.
Regacha dounc aco : jamai pu bèu lebraut ;
Par lou tuàr m’a chagu joliament mountar aut,
Et courre tout lou jout à travers de Ceüsa.
Que t’ou créïs ou noun, ‘s en mestier que vous usa.
Oh ! perieu sieu bien làs ; chau pai ‘n’èstre fachà,
Quand l’o capita bien.
                                           La lébrë éra cacha
Dinc un chaï. Lou chi, de tou les chis lou méstrë,
A vite agu sentu que li pouié bien èstrë.
Se lança, la fai sortrë, é, moun ami de Dieu,
Te le tirou subit mei dous cops de fusieu.
Vai, sieu pai maladrëch ; piei ma poudre es famusa :

Qui faillit, autrefois, causer un mal mortel
Au pauvre Ligousa. Celui-ci de la chasse
Exerçait l’art si noble en vrai chasseur de race.
Et c’était aux Guérins, hameau de Sigoyer,
Qu’il pratiquait ce rude et pénible métier.
Un jour qu’il avait fait bonne chasse, à sa femme
Il montrait un beau lièvre en disant : — Sur mon âme,
En voilà pour le coup du superbe gibier,
Et, tout en le tirant de son vaste carnier :
— Femme, continua-t-il, quelle que soit ta bile,
Tu seras de te plaindre, oh ! Par trop difficile,
Regarde donc cela : jamais plus beau levreau.
Aussi, pour le tuer, j’ai dû monter bien haut
Et courir tout le jour à travers de Céuse.
Crois-le ou ne le crois pas, ce rude métier use ;
Aussi je suis bien las ; je n’en suis pas fâché,
Puisque j’ai réussi.
                               Le lièvre était caché
Dans un genévrier. De tous les chiens le maître,
Mon brave chien bientôt sent qu’il y peut bien être.
Il court, le lance ; alors, soudain comme l’éclair,
Je tire et je lui fais tourner les pieds en l’air.
Oh ! Va, je suis adroit ; puis fameuse est ma poudre.

(66-85)Pan, pan ! L’amirou, en l’ér vira les péds la gusa.
L’ai prësa, bien countënt, é me sieu revengu,
Sënsa avër rescountrà gendarmas ni dengu.
Té, la vaqui, mes ai, ‘na tarribla frengàla
Que me créba : pereu n’ià ‘ n famus entervala
Depiei moun dejunàr ; l’Fia vuéch ouras ou mënch
Que n’ai betà ni pan ni fricot soui lei dënts.
Pouarza më quauqua rën ou sieu foutu, ma Lisa.
Me chau mangèar é pàs qu’ena pechouna brisa.
– Oui, di Lisa, moun Jean, vou as jamai miei gagnà :
Que lébrë ! Piei te siés de suour tout bagnà.
Sen countàr qu’eilamount, à travers la mountàgna,
N’a pas trop fa bèu tems : n’a fa que plouvignàr.
– Oh ! N’éra rën aco : fasié que bavignàr.
– Bavignar ! anën dounc ! Par moumënts dourizàva.
A gros peiros randas qu’où mandèssin semblàva.
– Mes en aqueu moumënt dinc en trauc de rouchàs
Par me bétrë a l’assousta aieu carà lou nàs.
– ‘S egau,te siés trempà, moun Jean : bèu tëms espéra,

 


La ligousada : Scène de chasse
Pan pan ! On aurait dit vraiment un coup de foudre :
L’animal est tombé, puis, tout content de moi,
Je l’ai pris et reviens maintenant près de toi,
Sans avoir rencontré gendarmes ni personne.
Qu’en dis-tu, donc ; ma chasse est-elle aujourd’hui bonne ?
Tiens, voilà mon levreau ; mais il faut me servir quelque chose à manger,
Car je me sens mourir de fatigue et de faim ; j’ai vraiment la fringale
Ce n’est pas étonnant, car un long intervalle
De temps s’est écoulé depuis mon déjeuner ;
Huit heures pour le moins qu’il m’a fallu jeûner !
Je suis perdu, ma Lise ; oh ! Fais, mois quelque chose.
Car j’ai besoin de prendre, et même à forte dose.
– Oui, dit Lise, vraiment, Jean tu l’as bien gagné : Quel lièvre !
Et de sueur te voilà tout mouillé,
Sans compter que là-haut, à travers la montagne,
 Comme d’ailleurs ici dans toute la campagne,
Il n’a pas fait beau temps, car sans cesse il a plu.
– Une petite pluie, oui, Lise, et rien de plus.
– Une petite pluie !.. Ah ! Parfois une averse !
A plein chaudrons, disais-je, il paraît qu’on le verse.
– Oh ! Mais j’avais, alors, eu soin de me cacher,
Pour me mettre à l’abri, dans un trou de rocher.

 

(86-105) Se di bien, quand lou ciel es tout rougë lou sëra.
Më se di bien perieu : si s’rougë lou matin,
Assura que bien lèu la pluïà seré aqui.
Changea-të, pie ivendrès mangear ‘na bouàna endouilha
Boquë revénes pas de la chassa bredouilha.
Li a periou de froumagë embë un pau de bouan vin.
As de que bien soupar é de que far festin.
Jean l’escoutava pus, tant la famp lou crebàva.
Si l’on aie pougu veirë couma avalàva.
E la vianda é lou pàn, l’on ourié ‘sta countënt,
Bienrëdë tout aco passàva soui sa dent.
La fëna, cependant, li disié : — Chau lou vendre
Sen tarzàr, lou lebraut ; oui, chau pas trop attendre :
Demàn, partë par Gap, parce que din meisoun.
Moun omë, li a de tëms qu’aveu mai d’en besoun.
Les crédis me van pas é n’amou pas a deurë ;
Pourtant nous chau de sau, de burë é ‘me de peurë,
E piei par lei meinas, de bounëts, de fouidieus,
De vestas, de gilets, de sabàtas perieus.
Que sarvicë, moun Jean, vai dounc pouirë noui rendre-

Tu t’es trempé quand même ; on dit : beau temps espère,
Lorsque le ciel, le soir, est rouge ; par contraire,
Dit le proverbe aussi, qu’il le soit, le matin,
La pluie est vite là, rien qui soit plus certain,
Va te changer et mange une excellente andouille,
Puisque tu ne viens pas de la chasse bredouille,
Puis, voici du fromage ainsi que du bon vin,
Tu peux te régaler et faire un vrai festin.
Jean ne l’écoutait plus ; il avait la fringalo ;
Son ventre était creusé tout comme une cymbale.
C’était un vrai plaisir de le voir, dans sa faim,
Avaler, dévorer et la viande et le pain.
Sa femme, cependant, disait : — il faut le vendre
Sans trop tarder, le lièvre, oui, Jean, sans trop attendre.
Il faut partir pour Gap, non sans bonne raison :

Nous avons maints besoins, mon homme, à la maison,
J’abhorre les crédits ; devoir ne me va guère ;
Il nous manque pourtant presque le nécessaire :
Il nous faut beurre, sel, ensuite des souliers ;
Les enfants ont besoin de vestes, de tabliers.
Quel service, mon Jean, ton lièvre va nous rendre
 
(106-126)Par tout aco ta lébrë ! Alors lèu chau la vendre ;
Justamënt ë’ marcha, si créiou, à Gap, demàn :
Proufita-n’ën, car ës en des pu bèus de l’an.
Cependant lei meinas bien fort se disputàvan,
Par veirë lou lebraut ; couma de sourciers criàvan.
 Avant même que Jean fouguèssi de retourt,
S’éroun bien pieutiras toutes trës tour-à-tourt.
L’un, embë la grossa oura esprès se meissiravà ;
Piei, tout à l’escoundous, les autres mascaràva ;
Eici aquellës su veu fasién lou cop de pun ;
Enfin li aïé de cris et de cops par chascun.
Më, quand lou paire arriba, aco devén bien pire.
 Sen brut assourdissent é que tén dou délire.
– Vous quesà, di la maire, ou vau prendre lou trinc ;
Qu’es avau su lou fëns ? Coum aco fa’ de trinc !
-Prendre lou trinc, di Jean ? li vaspai de ma mouarta !
– Ou mënch me lou barais, qu’es alaivei la pouarta,
Vau te les escoubar ; que diables de marris !
Vous fan un brut d’enfert ! Ah ! M’aquellës couquis
Pai mouïen de parlàr é de pouirë s’entendre.
Më, lou lebraut, moun Jean, choudré vite lou vendre
 
Pour tout cela ! Dès lors bien vite il faut le vendre.
Précisément à Gap, c’est, demain, de tout l’an
Un des plus beaux marchés ; eh bien !
Profites-en. Mais parmi les enfants la dispute était vive ;
Et, le lièvre arrivant, plus fort elle s’avive,
Car chacun veut le voir. Prévenant le retour
De leur père, tous trois, ils se sont tour à retour
Bien tiré les cheveux. Frottant à la marmite
Ses deux mains, l’un d’entre eux secrètement, ensuite,
Rendait les autres noirs ; à coups de poing ceux-ci
Criaient et se vengeaient sans pitié, sans merci.
Mais, quand le père arrive, oh ! C’est encore bien pire :
C’est un tapage affreux et qui tient du délire.
— Taisez-vous, dit la mère, ou je prends le trident,
Là-bas, au tas d’engrais. Quel bruit assourdissant !
— Lise, tu n’y va pas, lui dit Jean, de main morte.
— Je prendrai le balai, au moins, près de la porte,
Pour les mettre dehors. Quels diables de gredins !
Ils font un bruit d’enfer ! Avec pareils coquins
Pas moyen de parler ni de pouvoir s’entendre.
Mais le lièvre, mon Jean, il faut vite le vendre,

 
(127-145) Quand agué bien mangea, l’omë li respoundèc :
 – Fëna, vërën aco ; mes ai lou gousiér séc ;
Encara en mesurou, par countàr.
– Gros ibrougna, Li fai la fëna alors, douriés avër vargougna,
 N’as pas begu toun sôulë é d’en gros mesuroun,
Par te garar la sën, déves par avër proun ?
Moun Jean, te geines pas, choudrié ‘na plëna biaça
Par remplir ton perier, se véi prou qu’à la chassa
Sens appétit siés pas toumbà, ni bien telu
Siés devengu depiei, më joliament goulu
Vai te couigeàr, demàn, chau partir de bouana oura,
Par vendre lou lebraut. — Ai mangea ‘na plena oura
De poutité, di Jean, couma n’ourieu pu sën ?
M’estouffou, encà de vin, Lisa, bailà-me-n’ën,
On me lévou par courre a la càva n’en quèrrë.
— Ibrougna, te choudrié tout lou vi de Vaussèrrë,
Li respouandë la Lisa ; é, pai mënch vourënt pas
Que vioudi lou vëssèu, descende à pechou pas
A la càva, é piéi vén, li criant : aqui de beurë ;
 
Celui-ci bien repu, mais le gosier bien sec, Répond :
 — Oui, nous verrons, mais pour mon pauvre bec
Encore un mesuron, pour compter.
– Grand ivrogne, Répond sa femme alors,
N’as-tu donc pas vergogne ?
N’as-tu pas bu ton saoul ?
 C’est vraiment de l’excès :
D’un litre presque plein tu dois avoir assez.
Tu n’as pas perdu, Jean, en allant à la chasse,
 L’appétit : il faudrait une pleine besace
Pour remplir ton gésier ; d’ordinaire goulu
On dirait que tu l’es encore plus devenu.
Va te coucher ; à Gap, demain, il faudra vite
Aller vendre le lièvre. – D’une grosse marmite
De court-bouillon, dit Jean, je suis plein, et tu veux
Que je n’éprouve plus la soif ?
Oh ! Malheureux ! Je m’étouffe !
Du vin, car ma soif est extrême ;
Donne-m ‘en, ou je vais à la cave moi-même.
— Ivrogne, il te faudrait, je crois bien, tout le vin
De Valserre, dit Lise, en prenant le chemin
De la cave, craignant que son mari ne vide
Le tonneau, tellement il est de boire avide ;
Puis, revenant : — Voilà, dit-elle : mon Jean, bois
Un bon coup, j’y consens, mais pourvu que tu sois
 
(146-153) Më, dema, soucamënt, n’ëssublias pas de peurë,
Moun Jean, é ni de sau ; më vouarou pu bàrgear ;
As besoun de repaus ; anën, vai te couigeàr
Par reprëndrë un moumënt de força é de courage ;
Më di toun pate, avànt, par far, demà, boua viagë.
Pieis après, couigea-të, car siés bien acabà,
Quoiqu’aïs bien begu, bien mangea, bien soupà.
 
Bien matinal, demain, et, puis que le gros boire
N’efface pas surtout, à Gap, de ta mémoire
Ce que je t’ai dit : sel, beurre ; allons, je me tais
Pour te laisser dormir ; couche-toi, je m’en vais.
Fais ta prière, afin de reprendre courage
En bien dormant, pour faire ensuite un bon voyage ;
Après avoir prié, couche-toi, car, hélas !
Malgré ton bon souper, tu me parais bien las. (A suivre)


 

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