Sente des Boucs-Lecteurs

Sente des Boucs-Lecteurs

Littératures dauphinoises, écrites, orales, à lire, dire ou chanter. Les textes en “langue vulgaire” ont toujours été considérés comme de la sous-littérature, un passetemps d’érudits locaux ou de curés en guerre contre la République et son école, grande éradicatrice des patois. On aurait tort toutefois de mésestimer ces saynètes et autres monologues que les groupes patoisants s’échinent à présenter dans leur canton. Certains textes ne manquent ni de mordant, ni d’humour et leur acharnement à faire revivre des parlers disparus mériteraient d’être soutenus comme les actions de défense du patrimoine bâti peuvent l’être. Aperçus d’une littérature ostracisée

Quauquare des Boucs Lecteurs

"... La sente des boucs lecteurs mène à la bibliothèque des Menons, une Babel modeste, mais hyper-connectée, ressemblant à la tour du diable de Livron…"
Enfin c'est que dit Childeric dans une de ses fatorgues, l’histoire des quatre Sosthène, quatre menons, quatre diables de haut rang, connus surtout pour avoir conduit la Cabraille qui précédait l’armée de Lesdiguières, mais qui dans des temps plus anciens avaient été chargés de sauver de la destruction les livres et manuscrits de Vienne attaquée par les Sarrazins… Une mission qui leur plut tant que depuis ils ne cessent de rechercher tout ce qui a pu se dire ou s’écrire en vieux parlers dauphinois. Des diables bibliothécaires en quelque sorte.

    Sosthène le Vieux. Réside ordinairement dans l’Odéon de Vienne. Il s’est spécialisé dans les textes d’Avit qu’il a bien connu et les documents administratifs dont la complexité lui rappelle ses joutes avec les Marcosiens.
   
Sosthène le Jeune. Vit au château de Saint Giraud qui domine la plaine de Varces au sud de Grenoble. Il est un spécialiste reconnu de la littérature francoprovençale et sa bibliothèque aurait rendu jaloux Monseigneur Colet
   
Sosthène le Long se partage entre Rochechinard en Royans et Pontaix. Fin connaisseur de la littérature occitane drômoise, il est un admirateur éperdu de la Comtesse de Die. Son interprétation d' A Chantar M'er reste à ce jour inégalée.
   
Sosthène le Gras, passionné de théâtre, s’est réservé les "Mystères" dont il interprète tous les personnages (chœurs et musiciens compris) dans des stand-up fameux qui attirent chaque été devant les Celliers de la Vignette à Saint-Martin-de-Queyrières tous les chamois et les chèvres des environs

"Quand le lao i sao de fraze, utruve les ebrone amare"
Un Brûleur de loups sans loups, est-il encore un Brûleur de Loups ? Traduction plus qu'approximative d'un Marcosien qui devint le sujet d'une controverse restée fameuse entre Marc le Mage et Sosthène le Vieux. Sosthène disait que non, Marc soutenait le contraire. Ils disputèrent trois jours et trois nuits dans l'Odéon de Vienne  devant un public averti qui ne manquait pas d'intervenir quand on lui donnait la parole... Sosthène l'emporta de haute lutte, mais le lobby particulièrement actif des anti-loups  parvint à effacer toute trace de cette joute fondatrice de l'Imaginaire dauphinois

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